#1 2007-08-15 12:52:28

BiB
Analyst
Date d'inscription: 2007-08-15
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Brokers, sales : mêmes metiers?

En effet pourrait-on penser que ce sont les mêmes ou alors différents?
Je suis novice et je m'y connais peu alors je demande à des spécialistes qui se trouveront surement sur ce forum de me répondre.
On parle souvent du salesman mais pas beaucoup du broker, d'ailleurs on en trouve en France?
Sinon quels sont les profils, formations recommandés, et rénumération du broker?

Bref avis aux spécialistes wink

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#2 2007-08-15 15:32:24

clavi
Administrator
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Re: Brokers, sales : mêmes metiers?

Pour te décrire le métier que je connais le mieux, le Sales la plupart du temps ne passe pas d'ordres. Il est là pour vendre des produits, plus ou moins compliqués. Suivant la clientèle et le type de produit, le boulot ne sera pas du tout le même. Il peut s'agir de passer sa journée au téléphone ou en rendez vous, pour convaincre des investisseurs institutionnels d'investir dans ses produits, ou alors d'être devant son ordi et de vendre des dérivés de crédits à d'autres banques pour les couvrir.

Le brocker lui est par définition (il y en a qui font plus de choses) un intermédiaire entre le marché et des clients. Il passe les ordres pour eux, là où le sales refile le bébé à ses traders quand il a conclu un deal.

Bien sûr on trouve ces deux types de métiers en France, d'ailleurs  on en a un peu parlé récemment, avec la création de Newedge:

http://www.boursorama.com/opcvm/detail- … ws=4506023

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#3 2007-08-16 08:49:30

manny
Administrator
Date d'inscription: 2007-06-05
Messages: 206
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Re: Brokers, sales : mêmes metiers?

La nomenclature des métiers liés au brokerage est propre aux equities, et ne suit donc pas forcément les mêmes lignes et définitions que pour d’autres produits tels les dérivés, les bonds ou autres.

Le terme « broker » renvoie – à mon goût – plutôt à l’activité dans son ensemble, c’est à dire l’intermédiation entre une partie et le marché. Un broker est une maison qui a deux fonctions : informer le client et le conseiller, fournir de la liquidité au marché en trouvant les contreparties nécessaires à l’exécution d’un trade, et l’éxécution du trade sur le marché.

1. Structure bicéphale

D’un côté tu as les analystes qui appuient le desk et qui préparent des notes d’infos générales ou des valorisations. Bref, un « produit », c’est à dire un « point de vue » propre à la maison, avec un prix objectif par exemple pour un stock.

De l’autre côté, tu as le desk avec ses différents sous-métiers, qui eux vendent généralement le produit fait par les analystes, mais pas tout à fait non plus. Eux sont directement connectés au marché et parlent aux clients, c’est le front office.

2. Le front office

Le front office est donc la partie la plus importante de l’ensemble (et on dit généralement que les gens qui en font partie sont les « brokers », même si moi je préfère nommer les personnes qui en font partie par leurs métier plus que par ce terme un peu trop générique) car c’est celle qui génère le cash.

3. Les métiers du front

Trader: celui qui exécute l'ordre du client, très peu de marge de manœuvre/liberté. Au mieux tu essaies de gratter quelques centimes sur un gros ordre, ou tu diffères l'exécution d'un ordre qu'on vient de te passer "au marché" en espérant que le stock va dans ton sens, ou en le travaillant (VWAP guaranteed) tu te fais pas mal d'argent.

Sales trader: à la fois sales (tu « vends » les stocks à tes clients en leur disant quelle tactique adopter, ce que tu penses du prix actuel versus le prix objectif que tu lui fixes), et trader (tu exécutes l'ordre de ton client et le travailles pour obtenir le max de benef et pour toi et pour ton client). Tu te sers aussi de ce qu’ont produit les analystes, mais tu peux aussi passer outre et suivre ton propre point de vue.

Sales: tu vends simplement des analyses (le fameux « produit » des analystes), c'est à dire que tu informes ton client sur les avantages et inconvénients d'un stock, et tu lui donnes une stratégie à adopter, mais en général tu ne t'occupes pas trop de l'exécution (tu passes l'ordre au trader).

4. Profil

En général très ouvert. Peu regardant sur les diplômes. C’est un métier de bourrin et de rapidité, là où ton diplôme peut jouer, c’est en ce qu’il témoigne de ton intelligence, c’est à dire la rapidité et la concision avec laquelle tu peux interpréter une nouvelle sur le marché pour réagir et informer ton client. Au delà de cela, le diplôme peut aussi jouer dans la création de ton portefeuille de contacts, car c’est avant tout un travail relationnel. Un diplôme plutôt orienté éco est tout de même recommandé pour connaître les rouages de l’économie, tant au niveau macroéconomique qu’au niveau comptable. Tout le monde ne sait pas lire un bilan ou ne sait pas ce qu’est la FED par exemple…

5. Rémunération

Paradoxalement, cela paie plutôt bien du point de vue de la relation risque-salaire. En effet, contrairement au trading en général, un broker gagne toujours ! Que la bourse baisse ou monte, sa rémunération ne vient pas de la position prise (sauf si tu es sales trader et que tu joues sur l’éxécution) mais de la commission prise sur chaque ordre, travaillé (à exécuter en fonction du volume) ou non (ordre simple).

Pour un junior 0-3 ans d’expérience, je dirais que cela donne dans les 40-60K euros par an, bonus compris. Beaucoup plus lorsque tu dépasses les trois ans et que tu as déjà construit ton portefeuille de contacts ! La part du variable devient prépondérante (environ 5% du profit annuel réalisé), et les big fish du desk se font sans problème entre 130K euros minimum. Après, cela dépend de la maison, de sa politique interne de rémunération, de l’ancienneté de la personne (encore une fois, de ses contacts). Pour info, je suis en Espagne, et le chef du desk doit se faire environ 300-350K euros/an.

Evidemment, tu peux te faire plus en tant que trader dans certaines boîtes, mais je tiens à insister à nouveau sur la notion de risque. On ne parle pas des mêmes angoisses, pas des mêmes risques. Tu ne gardes en général pas de position, donc tu rentres chez toi à 18h30 et ta journée est derrière toi ! Sans compter les nombreux avantages en nature, une vraie tradition en brokerage !

6. En France ?

Je ne connais pas le marché français. Je sais qu’il y a Exane (tu retrouveras d’ailleurs une description de leur activité et de leur structure sur leur website) ou Oddo par exemple. Tpolux a mentionné la création de Newedge. Le marché est en général très compétitif et ne manque pas de maisons de toute façon. Mais une grande maison te donnera plus de moyens, et donc te satisfera davantage à tous les points de vue.

Voilà, n’hésites pas à poser tes questions ou tes doutes, nous sommes là pour ça ! Le but de ce forum est de renforcer nos connaissances à tous, donc n’hésites pas à en parler autour de toi aussi, je suis sûr que d'autres personnes te donneront un point de vue différent !

Bon courage !

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#4 2007-08-16 21:48:36

BiB
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Re: Brokers, sales : mêmes metiers?

Merci pour vos réponses, très clair et explicatives. On trouve pas beaucoup de gens qui répondent avec détails comme ça.

Cependant arriver dans ces boites je suppose qu'il faut sortir d'une très grande école de co, ou inge nan? (quoi que les inge se lancent pas trop dans la vente je suppose alors on doit pas beaucoup en trouver sales ou broker).
Est-ce que sales ou broker est réservé à l'élite? (top5 ESC) ou c'est plus ouvert?
Des bons stages ça peut aider aussi je pense.
D'ailleurs vous pensez quoi des stages à Londres?
Sinon j'ai entendu dire que c'était moins un système élistique qu'en France dans ce secteur

Encore merci!

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#5 2007-08-17 10:24:17

manny
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Date d'inscription: 2007-06-05
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Re: Brokers, sales : mêmes metiers?

- Concernant les formations, cela dépend évidemment de ce que tu vises. Si tu veux entrer en salle de marchés pour un poste de quant, trader ou sales, le minimum c’est tout de même un profil ESC parisienne + fort background mathématiques (et encore, tu auras plus de chances d’attérir en tant que sales que trader, et quasiment aucune en quant), mais le mieux est évidemment une top ingé + spécialisation ou MS finance. On peut y arriver aussi par la fac, mais il faut une top université genre P6, P7, Dauphine avec top Master orienté finance ou maths appliqués.

- Sales ou broker n’est pas réservé à l’élite. Cela dépend du produit traité pour les sales, mais en général c’est ouvert à un profil type Parisienne élargie ou 203 par exemple. Bon c’est un peu élite par rapport au reste des étudiants de France, mais il faut aussi savoir que le niveau moyen étudiant français craint un peu (peu orienté professionnel contrairement à d’autres pays). En revanche sur la scène internationale, mêmes les tops ingés et ESC sont en concurrence avec des profils venus du monde entier ! Broker est beaucoup plus ouvert.

- Les stages sont assez importants. Mais les recruteurs savent aussi qu’à 19 ans tu ne vas pas révolutionner le monde de l’emploi de par ta présence et ne cherchent pas forcément à voir sur ton CV une expérience en tant que trader senior credit derivatives chez Goldman Sachs à 17 ans. Disons que le plus important est de mettre progressivement une patte dans le milieu et d’avoir une certaine cohésion (ex : ne pas faire assistant sales puis après du marketing pour L’Oréal). Tes stages te serviront non seulement à apprendre, mais aussi à te faire des contacts, ce qui est très important dans ce milieu.

- Londres est plus ouvert au niveau professionnel. Exemple : un stagiaire là-bas est un professionnel, en France on appelle ça un larbin photocopieur. Un stagiaire là-bas peut gagner facilement 5000€ nets en stage dans une grande IB, en France si tu arrives à 1500€ bruts tu ne te plains pas. Attention en revanche à maîtriser la langue si tu t’attaques à des entreprises non françaises, le niveau scolaire français est mauvais en la matière sauf si tu es passé par une prépa ou si tu as de la famille. On dit souvent que Londres est moins élitiste que la France, mais cela n’empêche pas les grandes banques d’embaucher en priorité des Oxbridges ou LSE ! Faut pas rêver, la logique est simple : quand tu es recruteur, les tops schools viennent frapper à ta porte et tu vas frapper à la leur et tout va très bien comme ça, alors pourquoi aller s’ennuyer à démarcher les étudiants un cran en dessous ? D’autant plus que cela représente un coût marginal important et qui ne compenserait pas forcément la recherche

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#6 2007-10-24 09:16:42

benvulic
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Re: Brokers, sales : mêmes metiers?

Super description du métier de Broker mais j'ai quand même une petite question.
Est ce un métier qui se rapproche de celui de gérant de portefeuille ? Si non quelles sont les différances ?

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#7 2007-10-24 09:42:16

benvulic
Associate
Date d'inscription: 2007-10-21
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Re: Brokers, sales : mêmes metiers?

Pour information, j'ai trouvé les plus prestigieux cabinets de courtage  (Brokers)
Icap, Canton Fitzgerald, Tullet Liberty = best
Autres : GFI, Prebon Yamane, Eurobroker, Sunrise Brokers, Martin brokers

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