3 % : c’est le chiffre qui a mis tout le monde d’accord ces derniers mois. Livret A, LDDS, deux noms, un même taux, mais sous cette surface uniforme, des différences bien réelles restent à explorer. Pour qui cherche à faire fructifier sans risque son épargne, le match ne se joue pas seulement sur la fiche technique.
Livret A et LDDS : deux piliers de l’épargne réglementée à la française
Dans la galaxie de l’épargne hexagonale, deux astres dominent : le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). Le premier, vieux de plus de deux siècles, a conquis près de 55 millions de Français, tous âges confondus. Majeur ou mineur, résident ou non, chacun peut y placer ses économies, en toute simplicité, et avec la certitude de ne jamais voir son capital amputé. Le Livret A, c’est le réflexe de précaution par excellence, celui des grandes occasions comme des petits imprévus.
Le LDDS joue, lui, une partition différente. Né du Codevi et réservé aux adultes domiciliés fiscalement en France, ou aux mineurs émancipés,, il fédère aujourd’hui 25 millions de titulaires et capte 120 milliards d’euros. Toujours encadré par l’État, toujours piloté par la Banque de France, mais avec un objectif affirmé : orienter l’épargne vers la transition énergétique et l’économie sociale.
Ces deux livrets se distinguent par plusieurs atouts. Voici les principaux points communs à garder en tête :
- Capital garanti à 100 %
- Intérêts non imposables et sans prélèvements sociaux
- Disponibilité totale : retraits et dépôts libres, aucune contrainte de frais
- Taux d’intérêt identique fixé par l’État : 3 % depuis février 2023, annoncé à 2,4 % dès février 2025
Une différence de taille subsiste tout de même : le plafond de dépôt. Le Livret A autorise jusqu’à 22 950 €, contre 12 000 € pour le LDDS. Mais rien n’empêche un même épargnant d’ouvrir les deux, cumulant ainsi près de 35 000 € d’épargne, à la fois liquide, garantie et défiscalisée. Cette architecture singulière trace une frontière claire : le Livret A finance le logement social, le LDDS accompagne la transition écologique et les projets solidaires. Deux leviers, deux missions, un socle commun de sécurité.
Quelles ressemblances et quelles divergences séparent Livret A et LDDS ?
Le fil conducteur est évident : avec le Livret A comme avec le LDDS, le capital reste protégé, disponible à tout moment, et les intérêts ne sont pas taxés. La règle, décidée par l’État, s’applique uniformément. La banque exécute, le client dispose, sans mauvaise surprise. Ce sont les archétypes de l’épargne accessible et sans piège fiscal.
Pourtant, quelques détails font la différence. Le Livret A s’ouvre à tous, sans distinction d’âge ou de nationalité. Le LDDS, en revanche, impose d’être majeur (ou mineur émancipé) et domicilié fiscalement en France. Impossibilité de détenir plusieurs livrets du même type : un Livret A par personne, un LDDS par contribuable.
Le plafond, encore une fois, marque la ligne de partage : 22 950 € pour le Livret A, 12 000 € pour le LDDS. Ensemble, ils permettent de sécuriser jusqu’à 34 950 €. Le calcul des intérêts suit la même cadence : application de la règle des quinzaines, chaque mois, le 1er et le 16. Aucun des deux ne prend l’avantage sur ce point.
Posséder les deux livrets relève d’un choix réfléchi, façonné par la situation personnelle ou l’intention derrière l’épargne. Le Livret A ouvre la porte aux mineurs ; le LDDS, lui, favorise un engagement écologique ou solidaire. Mais, chaque fois, le principe reste le même : protéger son épargne, la faire travailler sans risque ni fiscalité cachée.
Taux, plafonds, fiscalité : à quoi s’attendre pour le rendement en 2025 ?
Sur le terrain du rendement pur, Livret A et LDDS avancent main dans la main. Depuis février 2023, le taux est fixé à 3 %. Mais l’équation va bientôt changer : 2,4 % à partir de février 2025, puis 1,7 % dès août. Cette rémunération, supérieure à celle offerte dans de nombreux pays européens, reste toutefois pilotée par l’État et la Banque de France.
Le plafond, lui, ne varie pas : 22 950 € pour le Livret A, 12 000 € pour le LDDS. Pour ceux qui veulent maximiser sans sortir des rails de la sécurité, la combinaison des deux livrets reste imbattable : jusqu’à 34 950 € placés, toujours au même taux, toujours sans risque.
Côté fiscalité, le schéma est limpide : pas d’impôts sur les intérêts, pas de prélèvements sociaux. Pas de paperasse, pas de déclaration. Que l’on place quelques centaines ou plusieurs milliers d’euros, la logique s’applique uniformément.
L’inflation, elle, continue de peser sur le rendement réel, mais Livret A et LDDS gardent leur attrait : liquidité sans égal, rémunération garantie, aucun impôt à l’horizon. Pour comparer d’un coup d’œil, voici un tableau récapitulatif :
| Produit | Taux au 1er fév. 2025 | Plafond | Fiscalité |
|---|---|---|---|
| Livret A | 2,4 % | 22 950 € | Exonération totale |
| LDDS | 2,4 % | 12 000 € | Exonération totale |
Comment choisir le livret qui colle à votre projet d’épargne ?
Pour faire le bon choix entre Livret A et LDDS, il faut d’abord regarder l’objectif que l’on se fixe. Les deux affichent un rendement identique, mais leur utilité diffère. Le Livret A sert au financement du logement social et à la rénovation urbaine. Le LDDS, lui, vient soutenir la transition énergétique, les initiatives écologiques et l’économie sociale et solidaire.
Autre spécificité du LDDS : il permet de reverser tout ou partie de ses intérêts, voire du capital, à des associations. Un vrai plus pour donner du sens à son épargne et accompagner des causes qui comptent. À l’inverse, le Livret A reste accessible à tous, mineurs compris, sans conditions de nationalité. Pour ouvrir un LDDS, il faut être majeur et domicilié fiscalement en France, sauf cas de mineur émancipé.
La gestion reste d’une grande souplesse : un seul livret de chaque type par personne, retraits et versements sans contrainte, aucun frais caché. En cumulant les plafonds, 22 950 € pour le Livret A, 12 000 € pour le LDDS,, il est possible d’optimiser la rémunération de ses liquidités tout en soutenant des causes complémentaires.
Si l’objectif est d’accompagner des projets écologiques, sociaux ou solidaires, le LDDS tire son épingle du jeu. Pour un usage plus universel, le Livret A garde la faveur du grand public. Ceux qui le souhaitent peuvent étoffer leur stratégie d’épargne avec d’autres produits réglementés comme le LEP, le CEL ou le PEL, en fonction de leur profil fiscal ou patrimonial. Face à la volatilité des marchés et aux incertitudes économiques, ces livrets offrent, pour l’heure, un havre de stabilité. L’épargne réglementée s’impose, plus que jamais, comme le refuge des temps incertains. Qui sait ce que réservent les prochaines réformes ?

